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Qu’est-ce que « le mental » ?

 

Première partie

Le « mental » est depuis quelques années le sujet de bien des conversations sans qu’une définition claire en soit donnée.

La difficulté pour en formuler une provient de l’intrication des mécanismes cérébraux complexes qui le constituent.         
Entre autres approches, on évoque les dispositions mentales, l’état d’esprit, l’état de conscience, ou plus largement l’intelligence – on parle d’âge mental pour qualifier la capacité d’analyse, de synthèse et d’abstraction d’une personne – qui désigne la faculté de mener à bien diverses activités intellectuelles, des plus communes (« 2+2 = 4 ») aux plus sophistiquées (Sciences molles ou dures, Littérature, Poésie, Philosophie, Mathématiques, etc.)

Je livre ici quelques clés d’interprétation d’un phénomène auquel nous sommes tous confrontés, sans autre prétention que d’enrichir vos réflexions sur le sujet.

Considéré sous l’angle purement pratique du processus qui permet l’interprétation pertinente de la réalité (Suis-je en terrain favorable ou hostile ? Quelle langue parlent les personnes auxquelles je dois m’adresser ? Quels codes adopter (niveau de langue, langage corporel, manière d’être, etc.) selon les personnes que je rencontre ? Le temps qu’il fait aujourd’hui me permet-il de me découvrir, ou au contraire, dois-je mettre des vêtements chauds ? etc.), le mental est essentiel à la survie de l’être, puisqu’il lui permet de se situer dans les diverses situations du quotidien, de s’y adapter autant que possible, d’éviter de se mettre inconsidérément en danger, de se défendre si nécessaire, de décider et enfin d’anticiper certaines situations.   
Cependant, tout mécanisme pouvant se dérégler, une certaine vigilance est requise de la part de son utilisateur.

Autrement exprimé, tout individu muni d’un cerveau est équipé d’un « mental », sorte de GPS, parlons plutôt ici d’un « SCP » ou Système Cortical de Positionnement, dans lequel est mémorisée la somme des expériences accumulées depuis sa naissance.      
Les « satellites » de ce « SCP », sont chargés de servir au mieux l’individu.         
Ils lui font donc parvenir, en permanence, et, pardon d’y insister, sans relâche, des itinéraires calculés pour son bien, par analogie avec les expériences liées à d’anciens itinéraires stockés dans ses mémoires.
L’individu est ainsi servi par un outil réputé fiable, sécurisé et sécurisant.     
Par conséquent, il obéit aux informations délivrées par cet outil, et emprunte les itinéraires qu’il doit suivre à titre préventif, afin d’éviter de revivre des accidents déjà vécus, ou ceux qu’il lui est largement conseillé de suivre afin de favoriser la survenue d’événements gratifiants.
Notons que dans les deux cas, les informations du mental – mises en garde ou validations –   peuvent s’avérer pertinentes, puisque comme le dit l’adage, « un homme averti en vaut deux. »

Pourtant, si ces informations submergent l’individu et l’assujettissent en prenant le pas sur son discernement, elles le parasitent et l’empêchent de faire en conscience et librement les choix qui lui conviennent, au bon moment. Ces informations ne sont plus alors que des « ombres portées », des projections de son passé sur son présent. Censées le protéger de déboires déjà vécus, elles peuvent bloquer la survenue de situations nouvelles, en le maintenant dans des « répétitions de situations »,  hélas bien connues. Pire que cela, elles peuvent favoriser la construction illusoire d’un futur… sans grand avenir !
Nous comprenons donc que le mental est un outil ajusté à soi, paramétré pour un usage personnel et intime. C’est donc un allié absolument indispensable qu’il convient cependant de maitriser.
En effet, l’afflux massif et anarchique des mémoires peut, en interférant sur le présent d’un individu, l’empêcher de vivre.

Le mental est donc un collaborateur exceptionnel, ou un infernal saboteur.      
C’est à nous d’en décider.     
C’est à nous qu’il revient d’apprendre à maîtriser les fonctionnalités de cet outil et de nous en servir de manière opportune.

En effet, un marteau sert à planter des clous, un râteau à ratisser un terrain, un aspirateur à aspirer la poussière et une clé à ouvrir une porte, par exemple.
Il ne nous viendrait pas à l’idée de jouer au tennis avec un marteau, de tenter de piquer un morceau d’aliment avec un râteau, de tondre notre pelouse avec un aspirateur ou de nous brosser les dents avec une clé !       
En tout état de cause, le « sens commun » qui infère que ne pas apprendre à maîtriser nos outils et leurs fonctionnalités peut dans le meilleur des cas aboutir à des situations absurdes et cocasses, ou dangereuses dans la pire hypothèse, en serait contrarié.
Corollaire évident, une fois maîtrisées, les fonctionnalités et facultés du mental en font un outil extraordinairement efficace.

Tendez l’oreille au discours de sportifs de haut niveau, ou à celui d’excellents artistes, créateurs ou interprètes.

Tous le disent : ils travaillent à soumettre leur mental, autrement dit à le mettre à leur service. C’est ainsi qu’ils dépassent le stress et la fatigue et réalisent des performances que le trio « travail + niveau technique + talent » leur permet d’atteindre. Lorsqu’ils y parviennent, ils précisent souvent qu’ils ont « dompté leur mental », qu’ils ont bénéficié d’une « excellente préparation mentale », qu’ils ont « récupéré un mental d’acier », voire que, lors de leurs performances publiques, « tout s’est joué sur le mental. »

Ainsi, loin d’être notre pire ennemi, un mental correctement utilisé s’avère être un outil de premier ordre.

           La seconde partie de cet article paraîtra très prochainement

                                                sur ce blog.