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À l’origine du BURN OUT, la DISRUPTION - Pour se reconstruire, la Méditothérapie© complément thérapeutique efficace de la prise en charge médicale

 

Carré noir sur fond blancKasimir Malevitch–  Huile sur toile (1915) – Galerie Tretiakov- Moscou (Russie)

 

  1. L’indifférenciation, un préoccupant changement de paradigme

Je me souviens parfaitement des projections que nous faisions dans les années quatre-vingt, sur un avenir que nous augurions hautement technologique, en frétillant d’impatience.
Nous ne nous trompions pas.          
Nous y sommes aujourd’hui, en immersion totale.
Je constate cependant que nous frétillons moins.  

Nous nageons dans l’océan de ce que le philosophe belge Pascal Chabot a nommé, en 2017, « les ultraforces » (in Exister, résister – Ce qui dépend de nous – Pascal ChabotPUF).
Ce sont celles de la robotisation, de la digitalisation et des avancées scientifiques spectaculaires réalisées en matière de génétique, d’intelligence artificielle et de financiarisation extrême, pour ne parler que de celles-ci.
Ces « ultraforces » ont souvent facilité nos existences – mais tout dépend de qui l’on parle, car il ne faut pas oublier les « fracturés numériques » qui sont restés sur le carreau – elles ont même soigné et sauvé nombre d’entre nous. Concernant cette avancée vertueuse, que leurs inventeurs soient sincèrement remerciés.

Le fait est qu’en trente ans, elles ont bouleversé tous les secteurs de nos vies professionnelles, familiales et amoureuses, sans oublier notre rapport au temps.
L’organisation de nos vies en strates distinctes s’est considérablement complexifiée, l’univers professionnel empiétant sournoisement sur le privé, en une indifférenciation délétère.
Le « floutage » des frontières délimitant ces deux domaines, leur porosité excessive, contribuent chez les salariés, ainsi que chez certains « indépendants » à un épuisement grandissant, angoissant et incapacitant.

En effet, si le cloisonnement excessif étouffe et sclérose, le manque de structurations et de frontières, loin d’ouvrir sur des horizons libérateurs, génère ce que j’ai constaté chez certains de mes patients : une dilution sans fin de soi par épuisement, une glissade ininterrompue dans la spirale de la dévastation, un vertigineux et douloureux enfermement de grand brûlé en zone incendiée.
On nomme burn out cet épuisement et cet enfermement
(de To burn out, en anglais : épuiser).
Qu’en dire d’autre, si ce n’est qu’apparemment, le « cadre » de l’individu est là, que son corps physique est encore là, bien qu’absent à lui-même à force d’être mortifié.
Dans ce cadre, submergé par les cendres de sa vie intérieure incendiée, l’individu suffoque, néantisé.
   

 

   2. Quand la disparition des limites mène au désarroi, à la faillite de    l’identité, à l’épuisement, à la dépression et au burn-out.

Pour un très grand nombre de salariés dans le monde, et donc en France, les événements sanitaires de ces quinze derniers mois ont porté ce phénomène d’indifférenciation à incandescence. Pour eux, ces limites ont fini par disparaître totalement à la défaveur de cette période, puisqu’ils ont été sommés de s’adapter rapidement au télétravail, devenu soudain la norme dans les entreprises.   

Consciente des dangers liés à la disparition de limites salutaires entre vie professionnelle et vie privée, ordinairement nommés en France RPS – risques psychosociaux – l’OITOrganisation Internationale du Travaila publié en 2020 un rapport à ce sujet, intitulé Le télétravail durant la pandémie de Covid-19 et après – Guide pratique (Copyright © Organisation Internationale du Travail 2020 – Première édition, 2020.)  
         
On notera que l’intitulé de ce rapport indique clairement que la pratique du télétravail est conçue comme ayant un avenir, un « après » Covid 19 – bien que le retour progressif des salariés au sein des entreprises soit de mise, depuis le déconfinement.

Ce rapport (p.18) nous conforte dans l’idée que :  

 « …  la crise du coronavirus a fait voler en éclats l’idée que le travail rémunéré et la vie personnelle sont deux aspects totalement dissociés, ainsi que le mythe du «travailleur modèle» qui pourrait – et devrait – toujours être disponible pour ses obligations professionnelles.     
Certaines études démontrent qu’en configuration de télétravail, l’intensité du travail augmente et la limite entre le travail et la vie personnelle s’estompe, ce qui nuit au bien-être des télétravailleurs et accroît leur niveau de stress (Eurofound et BIT, 2017).
Les personnes qui ont des enfants sont confrontées à une difficulté supplémentaire, car elles doivent télétravailler à temps
plein pendant une période prolongée, alors que les écoles et les garderies sont fermées. Selon une récente enquête, plus d’une personne sur cinq (22 pour cent) ayant de jeunes enfants (moins de 12 ans) déclare avoir eu des difficultés à se concentrer sur son travail tout le temps ou la plupart du temps, contre seulement 5 pour cent des ménages sans enfants et 7 pour cent des ménages ayant des enfants âgés de 12 à 17 ans (Eurofound, 2020b). La situation est particulièrement stressante pour les familles monoparentales ou les parents d’enfants handicapés ou ayant des difficultés d’apprentissage. »

                              Or, indépendamment de la récente épopée sanitaire
                                         dont nous peinons à sortir tout à fait,
             le monde dans lequel nous vivons se reconfigure en permanence
                  et nous soumet à une impérieuse injonction, anxiogène et
                                                              fragilisante :
                     il faut, pour trouver sa place dans le monde postmoderne,
                                           s’y adapter le plus rapidement possible,
                                                       COÛTE QUE COÛTE !

 

     3. « L’adaptation coûte que coûte », une injonction à considérer avec circonspection

Avant de s’y plier sans discussion, cette injonction sans appel mérite d’être considérée attentivement, avec la lucidité et la hauteur de vue nécessaires. 
Voilà les seules attitudes à tenir, consistant à nous interroger sur ce qui est bon pour nous et ce qui ne l’est pas, dans un projet de société qui ne nous est plus proposé mais trop souvent imposé, en sorte de déterminer honnêtement quelles sont les contraintes que nous pouvons, voire devons raisonnablement accepter, quelles sont celles qui, ne profitant à l’évidence qu’à ceux qui les imposent, doivent être tenues à distance par la force du discernement et, in fine, ce qui, dans l’existence, nous importe vraiment.

Cette prise de hauteur nous permet de nommer la cause profonde de cette impérieuse injonction d’adaptation : la disruption.

 

   4.  La disruption ? De quoi s’agit-il ?

La disruption procède de l’innovation radicale plaçant son inventeur dans une situation de monopole quasi absolu sur le marché qu’il vient de créer, ce qui lui assure de rafler la mise, sans craindre la concurrence.
Qui dit innovation radicale dit aussi création de nouvelles normes, non moins radicales.

                    L’adaptation « coûte que coûte » aux nouvelles normes
                         relève désormais de cette « mentalité disruptive ».

Or, il faut se rappeler que les activités humaines qui ont eu cours pendant des siècles n’avaient rien de disruptif.

 

À l’exception des artistes qui par essence se sont toujours montrés disruptifs, en ce qu’ils transmettaient leurs visions singulières du monde en créant de nouveaux langages et de nouvelles écoles, les artisans, les agriculteurs, les cuisiniers, pour ne citer qu’eux – même s’ils innovaient pour accompagner leurs époques – n’étaient pas obsédés par la recherche de manières de faire radicalement nouvelles.
Aujourd’hui au contraire, la disruption systématique gouverne tout, y compris notre langage, dont les mots se monnayent, à prix d’or, via les algorithmes imposés par les ultraforces évoquées.           
Pour gagner la course des mots et de la disruption sur nos moteurs de recherche, des gens se disputent, par exemple, le « référencement » des mots ; de mots tels que « Restaurant » et « Champs-Elysées » !

 

        5. Disruption vs Concurrence

Ironie de l’époque, bien qu’adoubée par les réseaux dits « sociaux », la mentalité disruptive est fondamentalement asociale.

En effet, elle nous a arrachés aux rives de la concurrence (étymologiquement « courir ensemble ») et nous a propulsés sur celles du « winner takes all » (« le gagnant rafle la mise »).

Dès lors, on comprend les dégâts qui peuvent en résulter !

 

      6. Comment résister au diktat de la disruption, cette nouvelle   norme ?

La tentation de fuir ce système en abominant « LE » système, la « déconnexion » (méditons au passage sur l’utilisation permanente de ces expressions – se déconnecter, être (ou se mettre) en mode…– qui, s’appliquant ordinairement aux robots, se sont imposées à l’Homme, en le réifiant et, donc, en l’abolissant partiellement), le refus d’obéir à ce qui ne semble pas humainement acceptable, ainsi que le repli en soi (et non sur soi), sont des options possibles.
Elles ne manquent d’ailleurs ni de pertinence, ni de courage, ni de panache.

À l’inverse, une autre option, courageuse également, consiste à s’interroger sur cette réalité disruptive et à prendre conscience de ce que nous deviendrions, si nous nous lui abandonnions le contrôle de nos vies en acceptant de revêtir l’uniforme du bon petit soldat adapté jusqu’à la mort.
Cette autre option consiste donc à ne pas fuir, mais à penser, résister et rester.

 

         7. Penser pour résister… Oui, mais penser à quoi ? Au moment de nous renier pour nous « adapter coûte que coûte » sous la pression de la mentalité disruptive environnante, ne perdons pas de vue que :

 

  • nous ne tombons pas amoureux d’un individu pour ses capacités à s’adapter à un système, mais pour ses qualités propres qui font de lui un être objectivement unique, incarnant à nos yeux subjectifs l’être qui nous fait rêver, vibrer, nous émeut et décuplant notre énergie et notre envie de vivre, nous rend plus grand et plus fort ;

 

  • respecter et honorer notre individualité (sans dériver vers un nombrilisme destructeur) permet de retisser entre elle et nous l’essentiel de notre être, que la disruption pourrait écraser de toutes ses ultraforces, si nous n’y résistions pas raisonnablement.

 

  • défendre ce que nous considérons infrangible en soi, c’est préserver sa dignité et celle des autres en sauvegardant les « petites choses » qui sont pourtant indispensables à notre équilibre ainsi qu’à notre maintien en vie.

     

       8. Pourquoi la Méditothérapie©, qui n’est pas une idéologie mais un corpus de soins, propose-t-elle de résister à la disruption ?

  • Parce qu’il n’est pas vain, mais qu’il est sain au contraire, de résister aux idées réductrices.
    Sur ce point, je suis toujours étonnée d’entendre définir le burn-out comme la pathologie honteuse de ceux qui souffriraient d’un « trouble de l’adaptation ». 

Les chantres de cette théorie oublient simplement que l’adaptation n’est pas une fin en soi.

  • Parce que nous ne nous adaptons pas pour le plaisir d’être adaptés, mais, en principe, pour nous réaliser pleinement !

Ce qui s’adapte chez l’individu, c’est son « moi », ou la part qui, chez lui, intègre les codes et s’y conforme afin de réaliser ce à quoi il aspire. Il faut donc bien admettre que l’intégration des codes n’est ni inutile, ni vile, ni veule. Néanmoins, cette condition nécessaire à la vie en société n’est pas suffisante s’agissant de l’épanouissement de l’être.

  • Parce que le fait de réduire l’individu à son « moi », revient à renier son « soi », cette autre part de lui-même qui lui permet de déterminer ce qui est fondamental à ses yeux et ce qui le constitue très subjectivement.

Ce reniement, qui équivaut à une mutilation, mène à la perte de sens, à la maladie, au burn-out, voire au pire.

 

        9. Ce que propose la Méditothérapie© si le burn out s’est installé dans votre vie

  • Contrairement à votre perception actuelle du monde, déformée par la souffrance, sachez que vous n’êtes pas seul(e) ;
  • Par conséquent, comprenez que vous avez grandement besoin d’aide, de bienveillance, d’un cadre médical sérieux assorti d’un soutien thérapeutique complémentaire efficace, comme l’est la Méditothérapie© ;
  • Une fois posé ce cadre de soins, « revenir à soi » en conscience est absolument possible.
    J’attire votre attention sur le fait que ce retour à soi ressemble fort à ce qu’il se passe en cas de malaise vagal. En effet, les personnes qui subissent un malaise vagal « perdent connaissance », sombrent dans « l’inconscience », puis « reviennent à elles » peu à peu.
    Si l’on considère pertinente cette analogie selon laquelle le burn out serait un énorme malaise vagal de l’esprit, de l’âme et du corps exténué, on comprend aisément que le burn out n’est pas irréversible et qu’il est possible « d’en sortir » !

  • Sachez enfin que le « retour à soi », par la pratique régulière de la méditation de pleine conscience guidée telle qu’elle se pratique en Méditothérapie©, permet de restaurer en toute sécurité, patiemment, fermement, rigoureusement, dans la justesse et l’efficacité l’esprit, l’âme et le corps mis à mal par le burn-out.

                                                                  

                                                              *******

 

J’ajouterai en conclusion que la Méditothérapie©, thérapeutique et école du retour à soi, combat avec une égale efficacité deux autres pathologies, souvent confondues avec le burn out, à savoir le bore out et le brown out.

Comme argumenté dans cet article, le burn out est un état de fatigue intense et de grande détresse causé par le stress au travail, lui-même dû à une surcharge disruptive.
Le bore out est son exact contraire, à savoir un « syndrome d’épuisement professionnel par l’ennui », alors que le brown out affecte les salariés qui ne supportent plus les tâches absurdes qu’on leur demande d’accomplir et touche principalement aujourd’hui les ressources humaines et le domaine financier.