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L'autosabotage, ou l'art de parfaitement réussir à tout rater...

Si vous souhaitiez en approfondir la compréhension,
cet article vous renvoie à une série de trois articles précédents, publiés sur ce blog les 6, 13 et 20 juin 2021.    
       
Ils ont été publiés tous trois sous le titre « Qu’est-ce que le mental ? ».

Je vous invite donc à les découvrir ou à les relire si nécessaire,
car en matière d’autosabotage,
c’est bien une fois de plus de notre « outil mental » qu’il s’agit
, lequel au lieu de nous servir prend parfois les commandes de nos vies avec notre paresseux accord.


Pour les faire dérailler !

1- L’autosabotage est la preuve tangible du dérèglement total de la confiance en soi, augmenté de choix irrationnels.

Rappelons que s’autosaboter consiste en effet à faire ce qui est aux antipodes de nos intérêts :

• De manière parfaitement consciente, mais sans pouvoir nous en empêcher;

• De manière non moins consciente, en nous livrant à mille contorsions et en nous empêtrant dans d’innombrables excuses pour justifier de « toujours tout rater » – voire en nous réfugiant dans le déni de cet excusisme, le déni étant incontestablement l’attitude la plus efficace pour réussir à échouer magistralement ;        

• Ou enfin, de manière totalement inconsciente lorsque nous ne savons même plus qui nous sommes depuis que nous avons laissé s’échapper le gouvernail de nos vies et que nous obéissons aux ordres pervers d’une « personne » (notre mental, précisément) « ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre » pour plagier Verlaine ; mais qui est bien nous-même, en l’occurrence…     

Prenons l’exemple concret d’une personne qui, régulièrement, vous confierait son besoin impérieux et son immense désir de changer de voie professionnelle.
Peu à peu, vous noteriez que son enthousiasme « en prend un coup », non pas sous l’égide de réflexions rationnelles et bienvenues évaluant les diverses prises de risques, mais sous le poids d’une série de « oui, mais… » visant à se démontrer et à vous démontrer que le changement tant désiré est hors de portée, et à faire surgir toutes sortes d’obstacles souvent irrationnels, de ceux que l’on désigne plus simplement par le mot « peur ».   
    
Au fil du temps et durant vos échanges, vous aurez assisté à de magnifiques sessions d’autosabotage.

Ce que vous aurez écouté de cette personne, confiante en vous, sera l’écho de son monologue intérieur, conscient ou non, tournant, finalement, autour de son envie d’échouer.

 

Les thérapeutes connaissent cela parfaitement…

 

2- L’autosabotage parfaitement maîtrisé des therapist killers

 

 

 

 

Certains patients, qu’on appelle les « therapist killers » (ou tueurs de thérapeutes) déploient une énergie folle et un savoir très abouti visant à déjouer tous les processus thérapeutiques mis en œuvre pour les sortir des ornières d’où, cependant, ils appellent au secours.

Notons que ces tueurs de thérapeutes sont souvent des consommateurs effrénés de thérapeutes et de thérapies en tout genre, ce qui, selon les jours et les dispositions d’esprit, prêterait à rire, si le désarroi de ces « tueurs » comme l’état de leurs comptes en banque n’étaient parvenus à l’acmé de ce qu’il est possible d’endurer.

Comment cela est-il possible, me direz-vous ?

Je vous répondrais que cette attitude paradoxale est d’autant plus « possible » que ce qui intéresse ce type de patients est d’attirer l’attention sur eux en se maintenant dans leur plainte, tout en demeurant, selon eux, tout-puissants.

Ainsi, en mettant en échec les thérapeutes et leur dévouement, ils leur signifient :  « Non mais dites ! Ce n’est quand même pas vous qui allez m’aider à sortir de mon marasme ! »

 

 

3-  L’autosabotage et ses divers scenarii émotionnels.         
Avertissement quant aux méfaits de la musturbation.
 

 

 

 

 

  • Certaines personnes accusent le monde extérieur de leur mal-être.

     

    Attention !
    Cette accusation peut-être justifiée
    , car nous ne vivons pas au sein de bulles étanches et stériles, et que tout est lié.  
              
    Liés, nous le sommes à nos parents, qui l’ont été aux leurs et nous sommes également liés aux contingences économiques, politiques et sociétales.    
            
    En prendre conscience est donc une des clés pour sortir du cercle vicieux dans lequel cet « extérieur » peut nous enfermer.    

    C’est d’ailleurs tout l’enjeu de la méditothérapie.       
               
    Ainsi, ces personnes sont sans doute fondées à dire, dans un premier temps : « J’en suis là du fait de mon histoire familiale, ou de mes collègues, etc. »  
    Néanmoins, dans un second temps, elles doivent briser ces chaînes et reprendre le contrôle de leur propre histoire, afin de dire : « J’en suis là du fait de mon histoire, mais je peux en dévier le cours initial à partir d’aujourd’hui et atteindre mes objectifs. »

 

  • Certaines personnes s’accusent de tous les maux.

 

Dans le cas précédent comme s’agissant de celui-ci, il s’agit d’approches erronées de la réalité.

Pour autant, je tiens à attirer l’attention sur une authentique réalité, qui se traduit par un courant néophilosophique accablant.   

        
Voguant sur les eaux troubles dudit courant, considérons une horripilante injonction qui est faite à tout un chacun.

Celle d’ « être zen ».

Cette injonction, en plus d’être horripilante est risible, hilarante même, car si les conseilleurs en zénitude – « professionnels » ou assimilés et autres amateurs plus ou moins « éclairés »  – s’astreignaient, ne serait-ce que dix jours de suite, à l’apprentissage du ZaZen (ZaZen : être assis), sous la férule d’un Maître authentique et authentiquement rigoureux, ils finiraient par déserter cette pratique infiniment exigeante… et cesseraient, avec un peu de chance, de se comporter en donneurs de leçons (pas apprises) à bon compte et d’exiger tout et le contraire de tout de leurs souffre-douleurs contemporains.   
    
Les effets pervers de ce type d’injonctions se font régulièrement sentir et je constate que plus cette injonction, devenue une norme, se répand, plus les personnes qui s’y laissent prendre (sans rien y comprendre), s’autosabotent : ils « n’y arrivent pas », comme l’on dit, et se culpabilisent de se sentir « nuls ».         

Dans ce genre de situation et de manière générale, je leur conseille de cesser de se musturber.

 

La musturbation consacre selon moi l’Empire des musts (I must : Je dois), lesquels (très nombreux) nous enjoignent de devoir être ceci ou cela, de devoir faire ceci ou cela, et même de devoir penser ceci ou cela ; ce qui aboutit immanquablement à devoir répondre à des attentes qui nous éloignent progressivement de notre réalité, jusqu’à nous déréaliser totalement.  
      
À l’inverse, accepter d’être colérique, si tel est le cas, est le premier pas pour comprendre pourquoi on l’est et pour cesser de se mettre en colère sans raisons valables.

Cessez donc de vous musturber !          
Cela fera de la place dans votre vie et conservera de l’énergie pour l’essentiel.
   

Pour mettre un terme à l’autosabotage, il convient très souvent d’explorer patiemment et avec bienveillance notre petite enfance, ainsi que nos liens transgénérationnels.

S’y trouvent les origines de l’estime que nous nous accordons, ou pas. De celles-ci résultent nos tendances à canaliser nos comportements vers le succès, ou à l’inverse à stagner en d’incessantes répétitions d’échecs.

  • Certaines personnes prennent des décisions incompréhensibles, eu égard à leur degré élevé d’intelligence.
    Elles font montre d’un optimisme déraisonnable et développent un illusoire sentiment d’immunité, d’impunité et de toute puissance. Sur ce mode, un fumeur invétéré, consommant trois paquets de cigarettes par jour se persuadera qu’il ne sera jamais malade, et un escroc manifeste se convaincra qu’il ne sera jamais appréhendé.

 

  • Enfin, certaines autres personnes adoptent des postures dont elles arborent les masques, de peur d’être considérés pour ce qu’elles sont.

    Nous avons tous connu au moins un porteur de ces masques.

    Le porteur du « masque de l’effacé», qui lui assure le « confort » de n’avoir à communiquer avec personne lorsqu’il est invité où que ce soit, et lui garantit d’être ignoré ou confondu avec une armoire de rangement dans son entreprise, pendant des années.  
            
    Le porteur du masque du « mec poilant » ou de la « nana rigolote », qui ne s’exprime que par « vanne » et clowneries interposées, évitant ainsi d’être un jour pris au sérieux.  
           
    Le porteur du masque de « l’affligé permanent », que les meilleurs cœurs-sur-la-main finissent par éviter tant ils redoutent ses narrations, toujours catastrophiques et catastrophistes, désespérées et désespérantes.

 

  • Certaines…, etc.

 

S’il s’avère que vos comportements sont ceux d’un perpétuel perdant, il vous faut comprendre qu’un jour, une relation première et essentielle a été malmenée et qu’en conséquence, vous vivez aujourd’hui des relations mal-menées.


Pour les remettre sur des rails non sabotés, il convient de vous
poser les cinq questions suivantes afin de tenter d’y répondre le plus honnêtement possible ; seuls, ou avec l’aide d’un thérapeute :

  • Avez-vous un ancêtre dont les origines, la réputation ou les actes ont été vécus douloureusement ou honteusement par le reste de la famille ?

 

  • Avez-vous été un enfant légitime, désiré, porté, touché, accueilli, respecté avec bonheur par une mère et un père aimants ?

 

  • Avez-vous reçu une nourriture affective de qualité de la part de vos parents et lu dans leurs regards la fierté et la joie de vous avoir pour enfant ?

 

  • Avez-vous ressenti le soutien, la confiance et les encouragements de votre environnement social et familial ?

 

  • De quelle origine sociale êtes-vous et quelles sont les loyautés que vous entretenez avec votre famille ou avec l’un de ses membres ? 

 

Ces questions sont préalables à la reprise en main de vos existences.

 

En tout état de cause, n’oubliez surtout pas ce que nous ont appris et apporté les avancées scientifiques portant sur la plasticité cérébrale (et la méditothérapie, par conséquent) : il vous sera parfaitement possible de vous « reprogrammer », une fois que vos habitudes d’autosabotage auront été désignées, circonscrites, analysées, puis éliminées.

Ce travail vous mènera à valider de nouveaux circuits neuronaux et à adopter les nouveaux comportements qui vous permettront d’atteindre vos objectifs.

 

 

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La finalité des repères bibliographiques et autres repères

Je me permets d’attirer votre attention sur le fait que la présence des mentions bibliographiques et autres qui figurent, lorsque cela est nécessaire, au bas des articles publiés sur ce blog, procèdent du respect des formes, comme de la considération témoignée aux auteurs, vivants ou non, contemporains ou pas qui m’ont inspirée lors du traitement des thèmes que je propose sur ce blog.   
Cependant, il serait regrettable de les borner aux bons usages et à l’éthique.     

 

En effet, ces repères sont à mon sens une nourriture au moins aussi importante que les hors-d’œuvres thématiques que j’ai le plaisir de vous proposer régulièrement.       
En tant que tels, ils vous annoncent l’existence, en librairies notamment, de plats de résistance roboratifs destinés à alimenter vos réflexions et désirs d’en connaître davantage sur les sujets abordés ici, afin que vous vous forgiez vos propres avis.     
Soyez donc affamés, gourmands et gourmets !

 


 

  • Repères bibliographiques

 

–          Yves-Alexandre THALMANNPourquoi les gens intelligents prennent-ils aussi des décisions stupides ? Le paradoxe du QI – Éditions Mardaga. Collection Psychologie Grand Public.

–          Christophe MEDICILibérez votre cerveau de son saboteur – Éditions Dangles.

–          Didier PLEUXLe complexe de Thétis. Se faire plaisir, apprendre à vivre – Éditions Odile Jacob.


–          Anne ANCELIN-SCHÜTZENBERGER
Aïe, mes aïeux ! – Éditions Desclée de Brouwer.


–          Alice MILLER
Le drame de l’enfant doué – Éditions PUF.

–          Vincent de GAULEJAC
–  La névrose de classe- Trajectoire sociale et conflits d’identitéÉditions Payot & Rivages.

Les sources de la honte – Éditions Points Poche. Collections Essais.