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LA CONSOLATION

Gustav VIGELAND (1869- 1943)
Détail de l’installation permanente de ce sculpteur norvégien
(réalisée entre 1926 et 1942)
au FrognerPark d’Oslo (Norvège)

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Le 24 octobre dernier paraissait sur ce blog un article intitulé
De la problématique EMPATHIE à la prodigieuse COMPASSION.  
 

Il s’y disait, en substance, que s’inscrivant dans cette disposition générale d’âme et d’esprit que l’on nomme altruisme, « notre compassion transforme notre empathie pour la douleur d’autrui en volonté d’agir pour la soulager concrètement » (sic), ce qui représente l’ordinaire de tout thérapeute.

            Aujourd’hui, je souhaite aborder ici la CONSOLATION,
selon moi indissociable de la compassion, ce soulagement qui peut être apporté à un prochain lorsqu’il vit l’épreuve du chagrin, petit, grand ou immense jusqu’à l’intolérable et l’indicible.
           
Comment exprimer la consolation ?

Est-il souhaitable qu’un thérapeute l’exprime à son patient ?
Si oui, comment ?

           
Une fois encore, je soumets à vos réflexions quelques unes des miennes sur un thème directement lié à notre rapport à l’autre ; comme en écho à l’essai magnifique que publia Stig DAGERMAN en 1952 et qui parut en France pour la première fois en 1984, à savoir Notre besoin de consolation est impossible à rassasier.

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CONSOLATION : de cum- solari, en latin (solari venant de solor, verbe à la forme passive de solo) signifiant être avec celui qui a été détruit, dévasté, « dépeuplé » (par un deuil, un manque, etc.) ; autrement dit soulager, assouvir.        

• Le verbe hébreu qui l’exprime le plus souvent est le verbe nâkham qui  signifie compassion, soulagement, consolation morale ou spirituelle (Ge 24 :67 / 37 :35 / Ps 77/3.

• Dans le Nouveau Testament, il est transcrit par le verbe grec ancien parakaleïn et ses dérivés, dont le sens varie entre exhorter, consoler, encourager et supplier (Mt 5 :4, Ro 1 :12 /15 :4, Ac 16 :9, etc.)

• Ce terme grec a légué en français le mot Paraclet désignant dans le Nouveau Testament le titre donné au Christ-Esprit par les écrits de l’apôtre Jean.
Dans cette tradition, le Paraclet console les croyants. Il demeure avec eux et en eux (Jn 14 :16).  C’est en quelque sorte le témoignage intérieur de l’Esprit.      
           
Notons au passage que le verbe Parakaleïn a essaimé en grec moderne, le mot Parakalo (Παρακαλω) qui est employé après un remerciement et signifie : « De rien, je vous en prie ».

L’expression « de rien » du grec moderne étant cependant directement rattachée au grec ancien, elle en conserve la fonction d’exquise attention consolatrice – inconsciente, bien entendu, chez le ressortissant Grec moderne –  en ce qu’elle exprime, en direction de celui qui vient de remercier quelqu’un de quelque chose, une sorte de d’exhortation à la détente sur le mode « Je vous exhorte à me croire : vous ne me devez rien. »

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1- On a consolé, on consolait, on avait consolé, on a eu consolé…
Et aujourd’hui, si l’on console, comment console-t-on ?

 

Selon le schéma du titre de ce chapitre, partons du passé composé du verbe consoler pour aboutir à son passé surcomposé, sans faire l’impasse de son imparfait et de son plus-que- parfait.        
Adoucissons enfin l’atterrissage de cette conjugaison dans le présent par une question :
Aujourd’hui si l’on console, comment console-ton ?  

Autant dire qu’il serait trop simple d’y répondre en soupirant que l’on consolait mieux « avant ».

Cependant, on constatera qu’avant, et notamment dans un « avant » que la mémoire contemporaine peut convoquer sans trop de difficulté, par le recours à la littérature mais aussi par celui de nos mémoires actuelles, on consolait en laissant au temps le temps de jouer son rôle consolateur et que, dans ce laps de temps, on jouait le sien.

S’agissant de la consolation, je parlerais donc tout d’abord d’un temps que les moins de 65 ans ne peuvent pas connaître, en narrant un fait de société qui requérait un « temps long », et qui pour cela est tombé en désuétude. Un fait que les contemporains de l’immédiateté et du zapping ont bien du mal à imaginer.

Pour être honnête, je préciserais à ce sujet que je génère régulièrement la perplexité des trentenaires, quarantenaires voire quinquagénaires (cela fait du monde, tout de même…) , lorsqu’il m’arrive d’évoquer ce fait à leur attention.

Une perplexité qui en dit long !

 

 

Il était une fois une époque où la période de deuil dans laquelle entrait une personne qui avait perdu un proche était accompagnée de certains rituels qui l’aidait à traverser l’épreuve de la disparition physique d’un être.

Comme nous l’allons voir, l’initiative de ces rituels incombaient autant à la personne endeuillée qu’à la communauté dans laquelle elle évoluait.        

Le deuil se portait tout d’abord sur soi, en un « dresscode » qui n’avait rien à voir avec le grégarisme poussant aujourd’hui à porter « ce-qu’il-faut-porter-absolument-pour-être-reconnaissable- au-premier- coup-d’œil-  par- les- dominants- de- la-meute- dans- laquelle- on- veut- être- intégré ».

Il s’agissait davantage d’un « code couleur » qui évoluait au fil du deuil, partant du noir total pour aboutir au gris foncé, lequel s’éclaircissait jusqu’au gris perle et auquel l’endeuillé finissait par ajouter quelques touches d’autres couleurs plus « vives » de jour en jour et qui le rattachait au monde des « vivants ».         

Cette réapparition de la couleur signalait à l’entourage que le deuil était en passe d’être  achevé ; puis qu’il était achevé.

 

Pendant tout le processus d’un deuil aussi clairement perceptible, les parents, amis, voisins, collègues ou parfaits indifférents étaient informés tacitement par le code couleur de l’endeuillé, qui leur signifiait : « Je viens de perdre un être (cher). »

           
Cette information vestimentaire était immédiatement décodée par l’entourage, qui en concevait des comportements, des attitudes et des égards adaptés à la situation.            
Au sujet de ces comportements, on pourrait succomber à la facilité d’en parler comme d’une  « hypocrisie » puisque, c’est un fait, la nature humaine ne variant pas énormément d’une époque à une autre, ces comportements n’étaient pas tous très sincères et parfois même ne l’étaient pas du tout.    
Toutefois, en qualifiant hâtivement d’hypocrisie les comportements liés à l’expression vestimentaire d’un deuil, nous établirions un lien direct entre cette supposée hypocrisie et la la stricte politesse, dont la caractéristique aristocratique est de n’engager en rien celui qui en fait preuve, mais d’établir certaines frontières entre soi et l’autre, permettant à l’un comme à l’autre d’y vivre à l’abri, sinon bien, au moins en appréciable paix.

Or, il semble bien que les comportements de l’entourage s’adaptant à la « signalétique vestimentaire » de l’endeuillé, étaient, à l’époque, destinés à établir autour de ce dernier une aire de protection et de sollicitude, et non pas une frontière synonyme d’indifférence.
Il pouvait aussi s’agir de l’acceptation tacite d’une trêve, dans des rapports humains parfois difficiles, agressifs et conflictuels
.     

« Il est en deuil. Tâchons, autant que possible, de respecter sa peine en adoucissant nos faits et gestes, en l’écoutant, en lui parlant gentiment, en nous substituant à lui pour le soulager d’avoir à accomplir telle ou telle action, qui lui serait pesante. Manifestons-lui ainsi notre sympathie et notre compassion dans l’épreuve. Le temps fera le reste. »

 

LE TEMPS FERA LE RESTE !

 

En effet, à cette époque, les gens savaient pertinemment que le temps est un élément dont la consolation – vue de la fenêtre du consolé comme de celle du consolateur –  ne pouvait se passer.

Le temps nécessaire à la consolation = Humilité, Patience, Humanité.

Il n’échappe à personne aujourd’hui que le « temps du deuil » (qu’il s’agisse du deuil lié à la mort d’un proche, ou du deuil lié à une rupture, etc.), et le temps imparti à l’expression du chagrin, est aujourd’hui révolu.

 

SOUFFRE, PUISQUE C’EST INCONTOURNABLE. MAIS EN SILENCE. ET VITE !

 

De fait, on peut aujourd’hui, tout en continuant à exercer ses activités puisqu’il paraît que « the show must go on », crever littéralement de chagrin sans que personne ne le sache, ou que ceux qui le savent n’aient à s’en soucier.
Pire : ces deux dernières années ont remis en question notre humanité pure et simple en abolissant le peu de répit que permettaient nos rites funéraires.

Certaines personnes sont mortes atrocement seules, sans que leurs familles puissent les assister, sans que les cérémonies religieuses ou laïques puissent se dérouler, au nom d’une « protection sanitaire » et d’un « principe de précaution » dont nous saurons sans doute un jour – mais quand ? – qu’ils relevaient davantage de marottes obsessionnelles et hystériques et de dogmes hygiénistes, tragiquement régressifs, que de médecine et de sciences.

Hormis ces cas malheureusement abondants et honteux, il est clair que nous disposons de moins en moins de modèles, de rituels, de cérémonies, et de manières codifiées de se consoler.

Privé de ce type de repères et de transcendance, l’Homme contemporain se découvre isolé et maladroit lorsqu’il s’agit de consoler l’autre.  

De plus, pressée par une société dans laquelle mieux vaut guérir rapidement et « passer à autre chose », la personne confrontée à sa douleur est sommée de « travailler dessus » et de la « gérer » !            

En ce sens, l’expression « faire » son deuil, induisant l’idée de devoir « produire quelque chose » sur une plaie béante est scandaleuse.           
Elle est révélatrice d’un abject transfert des lois du Marché sur la souffrance, d’un absurde et délétère management de la tristesse.    
        
Qu’on se le dise ! Les fragilités ne se soignent ni par des injonctions « positives » répétées en mantras, ni par magie, ni moins encore par d’impérieuses injonctions à la résilience qui s’avèrent toujours très violentes pour celui qui est cassé en mille morceaux au fond d’un gouffre de souffrance.

Pourtant, la consolation – laquelle, lorsqu’elle est bien comprise laisse tout le temps nécessaire à la réparation – est extrêmement précieuse.

S’arrêter, se poser après un drame et en être consolé permet de faire l’expérience de l’altérité dans la douleur, tout en sachant que le consolateur ne guérit pas l’affligé, mais lui donne les moyens d’accueillir et de considérer sa souffrance, afin d’en dépasser l’expression aiguë de la crise.

À ce titre, le « délai » que le consolateur accorde à l’affligé pour qu’il puisse pleurer et se plaindre tout son soûl  et que déferlent autant que nécessaire les premières et violentes expressions de la douleur, est fondamental.

 

2- Quelques généralités sur LA CONSOLATION DANS LE DOMAINE THÉRAPEUTIQUE ainsi que sur LA FONCTION THÉRAPEUTIQUE ET CONSOLATRICE DU LANGAGE

 

 

Bronze attribué à Hippolyte François MOREAU (1832-1927) –       Consolation – Collection privée.

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L’adhésion à l’effet curatif de la parole remonte bien au-delà de nos conceptions rationnelles. Elle procède d’une conception de la parole qui accorde aux mots des forces vibratoires naturelles dont l’action s’avère très puissante.   


Cette « langue thérapeutique » fut longtemps le fondement de la médecine.

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Il convient de souligner ici que ce fondement est aujourd’hui encore celui de la psychanalyse… mais « en creux ».       

« En creux » car le langage, en psychanalyse, est moins celui du thérapeute – qui le plus souvent se tait en séance – que celui du patient, lequel est décrypté par l’analyste.
Rappelons sur ce point qu’un des enjeux de la psychanalyse est, en effet, de débusquer derrière le langage commun du patient un autre langage. Celui qu’il énonce à son insu et qui permet d’accéder à d’autres « signes ».           

« En creux », car le psychanalyste s’abstrait de toute consolation et s’abstient donc d’utiliser son propre langage en tant qu’élément consolateur.            

S’abstraire et s’abstenir de consoler sont d’ailleurs les maîtres mots de certains psychologues cliniciens et psychanalystes, comme c’est le cas de Martine GIRARD dont je me permettrais de citer ici quelques propos afin de les de soumettre à votre réflexion, puisqu’elle les publie (in De l’ordinaire de la consolation à la consolation généralisée – Revue française de psychanalyse 2015/2 (Vol.79) pp. 394 à 406).      

Dans l’ouvrage cité auquel elle contribue, elle nous livre sa conception du rôle de la consolation en psychanalyse, qui selon elle n’a rien à y faire :           

 « … qu’aurait à y gagner la psychanalyse ? En effet, la consolation n’est pas une notion psychanalytique et porter sur elle un regard psychanalytique ne vaut pas validation de sa pertinence dans ce champ. »  

Elle ajoute :

« La consolation, si consolation il y a, ne saurait constituer ni un but ni une technique spécifique, mais viendrait comme un gain latéral. »

           
Tout est dit !

Puisque s’abstenir de consoler les patients nous est si vigoureusement intimé par ce diacre, je m’abstiendrai de commenter les points de vue constitutifs d’une religion dont je n’ai sans doute pas suffisamment considéré ni analysé les dogmes abscons.

 

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En tout état de cause et depuis la nuit des temps, tout au moins depuis que le langage articulé et signifiant a manifesté notre Humanité, les mots ont réconforté et permis d’extérioriser la tristesse.

Dans cette acception la consolation serait, en s’exprimant par le langage, un instrument thérapeutique.


Cette affirmation est très claire chez SÉNÈQUE qui, se présentant comme un médecin de l’âme, connaissait pour chaque cas les mots qu’il fallait proférer, afin de chasser le trouble de l’esprit qu’il soignait et d’y faire pénétrer un peu de tranquillité ; d’où l’idée, sans cesse rappelée, qu’il n’y a pire douleur que la douleur muette qui pousse la cruauté jusqu’à priver du langage celui qu’elle accable.        
Si la parole guérit, le silence enlève tout espoir.

En perturbant la raison, la passion silencieuse s’attaque au langage.

Aussi, tout désordre de l’âme, qu’il soit causé par la tristesse ou par quelque autre passion, détermine-t-il un trouble équivalent du langage, une tendance au mutisme, voire à l’aphasie qui sont autant de pathologies signant l’acmé de la douleur.         

Notons à ce sujet que les Consolations de Sénèque peuvent se comprendre comme une réaction contre le danger permanent du silence, la première tâche du consolateur consistant à libérer celui qui souffre du cachot de l’ineffable.  

Consoler, c’est donc faire sortir l’affligé (ou le patient) de l’indicible en nommant le malheur.
C’est aider à transformer une manifestation silencieuse, confuse ou inintelligible de la souffrance – le soupir, le cri, le sanglot – en paroles.

 

 

3- La fonction thérapeutique et consolatrice de la Méditothérapie©, par l’ORTHOPRACTIE DU LANGAGE

 

 

 

 

  • En ce qui concerne la Méditothérapie©, mes patients savent combien les vibrations de la parole du thérapeute comme la leur , celles de leurs prénom et patronyme notamment, font partie intégrante de leur cure.
    Je porte à leur langage une attention particulière
    , consistant à rendre aux mots qu’ils emploient tout leur sens ce qui s’avère d’autant plus nécessaire que les mots en sont actuellement vidés, détournés, privés.  
     
  • Ici, rien de ce qui se dit ne l’est « en creux », car ce sont au contraire « les bosses » et les blessures qui sont dénudées par le langage comme par ce qui ressort des méditations.
    Ici, il s’agit du surgissement et de la mise en lumière – parfois crue – de la réalité une fois qu’en sont retirés les voiles des illusions et des fantasmes qui la recouvrait.

  • Ainsi, la consolation que dispense la Méditothérapie© est-elle assez proche de la thérapie stoïcienne de SÉNÈQUE. 
    Elle ne se borne pas à dédoubler le langage du patient (en scindant ce qu’il dit de sa réalité et ce qui, caché, en est révélé et décrypté) pour en approfondir le sens, mais elle « rectifie » le langage du patient, avec son concours, jusqu’à ce qu’il traduise au plus près sa pensée, sa réalité, sa douleur, les origines de sa douleur et ses aboutissants.

  • En ce sens, on peut parler d’une ORTHOPRACTIE DU LANGAGE en Méditothérapie© , puisque cette thérapeutique permet la plus juste conscientisation sémantique et vibratoire des mots et de la parole libérés en consultation.

  • Précisons à ce stade que le mot ORTHOPRACTIE est utilisé par les ostéopathes.

Ce mot désigne la technique qui permet de rééquilibrer le système postural du corps, qui est lui-même le système neurophysiologique nous permettant de nous tenir debout.      
L’objectif d’une séance d’orthopractie est de reformater ce système en utilisant des stimulations qui mènent le cerveau à corriger sa stratégie d’équilibration et à sortir de ses automatismes néfastes.  

PAR ANALOGIE, NOTRE LANGAGE RÉVÈLE NOTRE POSTURE INTÉRIEURE, MENTALE ET PSYCHOLOGIQUE.  
     
    • Il arrive fréquemment que le langage du patient mérite d’être corrigé et amendé et que son registre lexical doive être élargi, augmenté et par conséquent musclé autant que nuancé, lorsqu’il s’avère que son langage traduit mal ce qu’il pense et ressent, ou lorsque son langage joue un rôle illusoire et trompeur.         

L’ORTHOPRACTIE DU LANGAGE permet au patient de réintégrer une posture intérieure digne, proche de sa réalité et ouverte à la réalité des autres.

  • Cette ORTHOPRACTIE DU LANGAGE se rattache à la théorie stoïcienne de la connaissance, proche de la conception bouddhiste de la souffrance (ce qui tend une fois de plus à prouver qu’il n’est pas nécessaire de « folkloriser » la méditation en imitant sans les comprendre les rituels bouddhistes, d’une part, et que la méditation et ce qui s’y rattache sont compatibles avec les traditions philosophiques et spirituelles occidentales, d’autre part).


En effet, les stoïciens considéraient que le malheur tient parfois à la fausse représentation d’une situation.

La souffrance viendrait alors davantage de l’ignorance que de la mauvaise fortune.
Le thérapeute joue alors le rôle (non complaisant) de consolateur qui corrige, détrompe et enfin persuade l’affligé d’abandonner l’erreur qu’il chérit, et de renoncer une fois pour toutes aux illusions qui le font souffrir.

  • Sur ce mode, le thérapeute/consolateur, et ici la Méditothérapeute© que je suis, n’est pas seulement un interlocuteur.
    Il est l’Autre par excellence, qui par la parole s’interpose entre le monde et le patient. S’introduisant dans la conscience qui souffre, il intervient, par des arguments éprouvés, dans le dialogue intérieur du patient, et tente de substituer progressivement le raisonnement à sa plainte.

 

La consolation exercée par le Méditothérapeute© ne permet pas donc pas un « dialogue », au sens premier du terme, mais favorise un échange patient/thérapeute dans lequel chacun assume sans pathos son rôle et sa fonction.

Cependant, par les arguments caractéristiques et les approches sémantiques que le thérapeute propose et développe au profit de son patient, ce dernier s’éveille et devient de plus en plus « présent » et attentif au processus de consolation qu’il contribue à installer, et dans lequel le temps, comme déjà dit, est un précieux allié.    

 


 

           La finalité des repères bibliographiques et autres repères

 

Je me permets d’attirer votre attention sur le fait que la présence des mentions bibliographiques et autres qui figurent, lorsque cela est nécessaire, au bas des articles publiés sur ce blog, procèdent du respect des formes, comme de la considération témoignée aux auteurs, vivants ou non, contemporains ou pas qui m’ont inspirée lors du traitement des thèmes que je propose sur ce blog.        
Cependant, il serait regrettable de les borner aux bons usages et à l’éthique.         

En effet, ces repères sont à mon sens une nourriture au moins aussi importante que les hors-d’œuvres thématiques que j’ai le plaisir de vous proposer régulièrement.        
En tant que tels, ils vous annoncent l’existence, en librairies notamment, de plats de résistance roboratifs destinés à alimenter vos réflexions et désirs d’en connaître davantage sur les sujets abordés ici, afin que vous vous forgiez vos propres avis.           
Soyez donc affamés, gourmands et gourmets !

 


                           
                                           Repères bibliographiques

 

 

–           SÉNÈQUE Consolations – Traduction du latin de Colette Lazam – Éditions Rivages poche / Petite bibliothèque.

 

–           Stig DAGERMANNotre besoin de consolation est impossible à rassasier – Traduction de Philippe Bouquet – Éditions Actes Sud

 

–           Michaël FOESSELLe temps de la consolation – Éditions du Seuil

 

–           Jacques HOCHMANNLa consolation – Éditions Odile Jacob / Psychologie.

 

–           Normand DOIRON – Poétique de la consolation classique. L’exemple du Recueil (1627) de Nicolas Faret » in Dix-septième siècle, 4/2007, n° 237, p. 779-798

 

–           Sigmud FREUD – Ludwig BINSWANGER – Correspondance 1908-1938 – Éditions Calmann-Lévy


                                                    Autres repères

www.psychiatriemed.com

 

C’est le site du psychiatre montpelliérain Fabrice LORIN qui y publie – en un français courant, c’est dire expurgé du cauchemardesque idiome psychiatrique et psychanalytique, tellement « distancé » de tout et surtout de leurs auteurs, que s’y perdent et l’objet et le propos des textes qu’ils commettent – des textes extrêmement intéressants, évidemment très documentés et souvent drôles !

 

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